Chaque mercredi se tient le marché de Sahm dans une ambiance festive. Ce marché est un rendez-vous hebdomadaire auquel assistent différents acteurs. Lors de ces réunions, des vendeurs sillonnent le marché en quête d’acheteurs. Ces derniers débattent et négocient les prix des marchandises qu’ils auront choisies.
« 300
rek, kaylen xool, miss kay ma jaay la... (300 seulement, venez voir ;…) »
Ces quelques mots mélangés à toute sorte de musique se font entendre en boucle
dans le marché de Sahm. Dans ce long couloir restreint se trouve Astou Diouf,
une habituée du marché mercredi. Elle discute avec un commerçant chez qui elle a
pris trois pièces de nuisette. L’heure est au marchandage des prix ;
« il m’a dit 1500 FCFA l’unité mais je sais que je l’aurai à beaucoup
moins que ça ; je suis sa cliente il va donc m’aider... n’est-ce pas
Sérigne bi ? » s’adresse-t-elle souriante au vendeur. Ce dernier lui
rend son sourire avant de continuer sa discussion avec elle. Astou préfère les
marchés hebdomadaires aux marchés ordinaires car dit-elle « ici on trouve
toujours de bonnes choses et puis les prix sont abordables quand on sait
discuter ».
Elle
ajoute tout de même que des fois elle trouve des vêtements de choix mais qui ne
sont pas tout à fait à sa taille mais pour ça « il y’a des tailleurs là
juste à côté » dit-elle en indexant l’autre bout de la route.
A
l’endroit indiqué, se trouvent deux hommes pédalant deux vielles machines qui
produisent des sons déplaisants. L’un
deux Fasse Ndiaye confie que beaucoup de jeunes filles, juste après achat
viennent retoucher leurs vêtements chez eux» Comme pour appuyer ce qu’il dit,
il montre derrière lui un tas d’habits à arranger.
Curieux
de découvrir l’objet de la conversation, Alpha un vendeur de rideau juste
derrière les tailleurs jette de temps en temps des regards dans la tente.
Interpellé, il avoue tristement avec son long chapelet au cou « le marché
d’aujourd’hui n’est pas bon ». Mais à peine sa phrase terminée que deux
femmes pénètrent son espace ; Sophie et sa mère Denise. Dans la
discussion, il leur propose un mètre à 2750 FCFA… « C’est trop cher »
avance Sophie en basculant la tête de gauche à droite « Nous avons
4000FCFA pour deux mètre ». Finalement d’accord après quelques
minutes de négociations, le marchand leur propose tous les modèles qu’il possède.
Apparemment pas convaincue, Sophie avant de s’en aller promet au commerçant
qu’elle passera à son retour. « Elle
ne va pas revenir c’est juste un moyen de pouvoir partir » lance Alpha
avant de reprendre place.
Dans
ce marché de Sahm, l’on parvient à peine à marcher. Les lieux sont bourrés de
vendeurs, d’acheteurs, de mendiants et de simples badauds. De gauche à droite
se trouvent des tables sur lesquelles sont disposés des chaussures, des
vêtements, des sacs, des montres, des bijoux… ; certains commerçants exposent leurs marchandises à
même le sol. Les clients ainsi obligés de se courber pour trier dans ces tas de
vêtements, rendent difficile à certains endroits la circulation.
Dans
tout ce brouhaha, quelques marchands invitent sans cesse de potentiels
acheteurs à visiter leurs marchandises .Momodou
est un vendeur de Jeans. Il tient par la main une étudiante qu’il conduit à sa
place. En route un autre vendeur le châtie « boy bayil sama cliente
bi » il répond par un sourire. Sur place, la jeune fille après avoir
découvert la marchandise que lui propose Momodou finit par tourner le dos
« je ne trouve pas ce qu’il me faut » lance-t-elle en s’en allant. Le
jeune homme loin de se décourager, sort à la recherche d’autres clients. Trouvant
à peine le temps pour un entretien, il confie, « c’est comme ça, parfois
je peux amener trois personnes et c’est la troisième qui m’achète des choses», termine-t-il avant de
disparaitre dans la foule.
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