jeudi 26 mars 2020

GUINEE-COVID-19 : L'ETAT D'URGENCE DECLARE

L’état d’urgence est déclaré sur toute l’étendue du territoire national guinéen. Le président Alpha Condé vient de l’annoncer dans son adresse à la nation ce jeudi 26 mars. Cette mesure entre en vigueur à partir de ce soir à 00h pour une durée d’un mois reconductible conformément aux dispositions constitutionnelles.

En plus de cette disposition, le président a annoncé d’autres mesures afin de prévenir la propagation du coronavirus en Guinée. Il s’agit fermeture de toutes les frontières terrestres pour tous les voyageurs en dehors du transport des marchandises (nombre de convoyeur limité à deux) pendant trente jours renouvelables.

Outre, la limitation de passagers dans les transports en commun dans la ville de Conakry soit « trois passagers par taxi, un par moto et sept à dix par mini bus ».  Tous les rassemblements sont désormais limités à vingt personnes. En ce qui concerne les lieux publics, ils sont tous fermés pour une durée de quatorze jours renouvelables ; il s’agit des écoles, universités, mosquées, églises, bars, salles de jeu, cinémas,….

La Guinée compte désormais cinq cas confirmés au covid-19 qui sévit dans le monde depuis décembre 2019.

dimanche 22 mars 2020

QUAND LA GUINEE DEFIE LA COVID-19 (Billet)

La Guinée compte désormais deux cas confirmés au covid-19 qui sévit dans le monde depuis déjà trois mois. Face à cette situation, le président Alpha condé a pris des mesures pour contrer la propagation de la maladie dans le pays. Parmi ces mesures, l’interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes. Paradoxalement, ce même président invite les Guinéens à aller aux urnes aujourd’hui pour le double scrutin législatif et référendaire. 

Le mot rassemblement aurait-il changé de sens dans le dictionnaire ? Parce qu’aux dernières nouvelles un scrutin ça draine beaucoup de monde dans un même lieu. Mais là encore ce n’est pas le pire. Le front national pour la défense de la constitution (FNDC) qui depuis déjà 5 mois manifeste dans tout le pays pour empêcher un éventuel troisième mandat pour Alpha Condé était dans les rues hier et est encore dans les rues aujourd’hui pour empêcher la tenue de ces scrutins. Tous ces rassemblements, ne peuvent malheureusement que favoriser la propagation de cette pandémie qui fait des ravages dans le monde.

Et pendant que les autres pays sont en guerre contre cette maladie, les Guinéens eux décident de la défier pour vaquer à leurs occupations. Occupations qui consistent à se faire la guerre entre eux. Dans ce pays, apparemment la politique oui la soif du pouvoir prime sur tout. Même sur une question de santé publique. Parce que Corona ne se dira pas, « tiens attends, les guinéens sont en crise ; je vais les laisser terminer pour m’occuper d’eux ». Non au contraire il n’aura pas meilleure occasion de se faufiler et de choper le maximum de personne parmi tout ce monde qui manifeste et tout cet autre monde qui fait la queue pour voter. 

A un moment donné, ce pays devra définir ses priorités, continuer à perdre ses dignes fils dans des manifestations au cours desquelles il favorise la propagation de la pandémie, ou mettre les différends de côté le temps de combattre la covid-19.

samedi 7 mars 2020

PHOTOGRAPHIE A L'UCAD: UN GAGNE-PAIN POUR LES ETUDIANTS

A l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, nombreux sont les étudiants qui s’adonnent au métier de photographe et "d’inscripteur en ligne". Entre leurs cours et ce travail, ils sont obligés de tenir bon pour subvenir à leur besoin.
 
Il est midi et le couloir de la mort de l’université Cheikh Anta Diop ne compte pas autant de monde ce samedi que les jours ouvrables. Dans ce couloir, se trouvent des jeunes qui offrent leur service de photographe et d’inscripteur en ligne. Toujours fidèles à leur poste, ce sont tous étudiants et anciens étudiants qui, grâce à ce travail, gagnent leur vie. 

Trouvé devant le VETO, des exemplaires de photographie en mains, Seydina Sow ne cesse d’interpeller les usagers du Couloir « Psii psii photo han ? » (Manière d’attirer les clients). Avec ses lunettes qui le protègent contre le soleil, il fait d’incessants vas-et-viens entre la porte du VETO et l’entrée du campus social juste en face, en quête de potentiels clients. Ce jeune pour s’en sortir, allie ce travail et ses cours de master 2 à la faculté de droit ; « J’ai besoin de ce travail pour me prendre en charge. Pour trouver le juste milieu avec la fac, j’ai un emploi de temps bien établi. Comme mes cours débutent à 17h, je travaille jusqu’à 16h pour être à temps en classe. Mes leçons, je les revois la nuit avant de m’endormir…D’ailleurs on est nombreux ici comme ça ».

Avec 500FCFA pour 4 photos et la même somme pour une inscription en ligne, ce travail rapporte par jour entre 5000 et 7000 FCFA.  Bon nombre de ces étudiants avouent que ce boulot n’est que temporaire pour eux, pourtant, ceux qu’on a rencontré y ont passé au moins  deux ans « C’est vrai que suis là depuis minimum 3 ans, mais je ne compte pas m’éterniser dans ce couloir avec ce travail, c’est juste un passe-temps pour moi. Au lieu de rester dans les chambres à faire du thé je préfère m’appliquer temporairement dans ce métier. Comme le disent les Américains, Time is money ». Ajoute Seydina en regardant incessamment de gauche à droite avant d’interpeller un nouveau bachelier qui a besoin de  4 photos.

Obligés de quitter Seydina qui matérialise son slogan « le temps c’est de l’argent », cap est mis sur le campus social. Ici, ces jeunes sont également alignés avec des appareils photos au cou et des fiches d’inscription en main.
 
Dans les escaliers du pavillon J, se trouve Bachir Dramé, un étudiant au département d’histoire se faisant interviewer par des étudiants en journalisme. Contrairement aux autres, il n’en est qu’à son 3èm mois « C’est juste un travail passager pour moi, je vais même bientôt devoir arrêter pour un temps parce que mes examens approchent. C’est seulement parce que les bourses que nous recevons sont insuffisantes qu’on est obligé d’être là.»

A un moment, il parle des difficultés auxquelles ils sont confrontés notamment la saisie de leurs appareils par les agents de sécurité. D’ailleurs, il trouve normal ces saisies car selon lui « on est là mais on sait qu’on n’est pas dans la légalité ». Pile à ce moment se pointe Seydina. A l’entente de la dernière phrase de Bachir, il s’oppose « Non ce n’est pas vrai, ici c’est l’université. Nous sommes étudiants et nous avons nos cartes d’étudiants donc nous sommes dans une totale légalité ». A Bachir de contredire « En tant qu’étudiants, nous sommes dans la légalité mais pas en tant que photographes ». dit-il avant de redonner son attention aux apprentis journalistes

Commencer courtier pour terminer photographe
De retour au couloir de la mort, Seydina Sow est toujours sur les lieux. Pendant la conversation avec lui, arrive un jeune homme de taille moyenne accompagnée par une jeune fille, « elle veut 4 photo » lance-il avant de tourner le dos sans attendre une quelconque réponse. La jeune fille est ensuite guidée par Seydina dans un coin qui le sert de Labo. Il la fait asseoir sur une vielle chaise avant de prendre illico la photo. 

Pendant l’impression, il est questionné sur la fonction du jeune qui accompagnait la cliente. Il répond qu’ils sont appelés dans leur jargon ‘’rangoumane’’ « NDLR : Courtier ». Leur travail consiste à aller chercher des clients pour des photographes et comme salaire, ils reçoivent la moitié de la somme versée par le client ; « Généralement on commence tous par être rangoumane et c’est l’occasion pour nous d’apprendre vu qu’aucun d’entre nous n’a pris de cours de photographie. C’est comme un chauffeur et son apprenti ; on apprend auprès des plus expérimentés. J’ai moi-même été rangoumane pendant un an avant d’avoir mes propres matériels. Après cette année, avec mon rappel de bourse j’ai investi plus de 70 mille FCFA pour m’acheter une imprimante et un appareil photo mais en l’espace de deux mois j’ai multiplié cette somme par deux ».

Comme quoi ce travaille paye bien son propriétaire. Il sourit à cette dernière remarque avant de donner les photos à la jeune fille et de récupérer ses 500FCFA; « Time is money miss» dit-il encore mais cette fois en nous tournant le dos et en agitant sa main en signe d’adieu.

SAHM AU COEUR DES MARCHANDAGES


Chaque mercredi se tient le marché de Sahm dans une ambiance festive. Ce marché est un rendez-vous hebdomadaire auquel assistent différents acteurs. Lors de ces réunions, des vendeurs sillonnent le marché en quête d’acheteurs. Ces derniers débattent et négocient les prix des marchandises qu’ils auront choisies.

« 300 rek, kaylen xool, miss kay ma jaay la... (300 seulement, venez voir ;…) » Ces quelques mots mélangés à toute sorte de musique se font entendre en boucle dans le marché de Sahm. Dans ce long couloir restreint se trouve Astou Diouf, une habituée du marché mercredi. Elle discute avec un commerçant chez qui elle a pris trois pièces de nuisette. L’heure est au marchandage des prix ; « il m’a dit 1500 FCFA l’unité mais je sais que je l’aurai à beaucoup moins que ça ; je suis sa cliente il va donc m’aider... n’est-ce pas Sérigne bi ? » s’adresse-t-elle souriante au vendeur. Ce dernier lui rend son sourire avant de continuer sa discussion avec elle. Astou préfère les marchés hebdomadaires aux marchés ordinaires car dit-elle « ici on trouve toujours de bonnes choses et puis les prix sont abordables quand on sait discuter ». 

Elle ajoute tout de même que des fois elle trouve des vêtements de choix mais qui ne sont pas tout à fait à sa taille mais pour ça « il y’a des tailleurs là juste à côté » dit-elle en indexant l’autre bout de la route.
A l’endroit indiqué, se trouvent deux hommes pédalant deux vielles machines qui produisent des sons  déplaisants. L’un deux Fasse Ndiaye confie que beaucoup de jeunes filles, juste après achat viennent retoucher leurs vêtements chez eux» Comme pour appuyer ce qu’il dit, il montre derrière lui un tas d’habits à arranger. 

Curieux de découvrir l’objet de la conversation, Alpha un vendeur de rideau juste derrière les tailleurs jette de temps en temps des regards dans la tente. Interpellé, il avoue tristement avec son long chapelet au cou « le marché d’aujourd’hui n’est pas bon ». Mais à peine sa phrase terminée que deux femmes pénètrent son espace ; Sophie et sa mère Denise. Dans la discussion, il leur propose un mètre à 2750 FCFA… « C’est trop cher » avance Sophie en basculant la tête de gauche à droite « Nous avons 4000FCFA pour deux mètre ». Finalement d’accord après quelques minutes de négociations, le marchand leur propose tous les modèles qu’il possède. Apparemment pas convaincue, Sophie avant de s’en aller promet au commerçant qu’elle passera à son retour.  « Elle ne va pas revenir c’est juste un moyen de pouvoir partir » lance Alpha avant de reprendre place. 

Dans ce marché de Sahm, l’on parvient à peine à marcher. Les lieux sont bourrés de vendeurs, d’acheteurs, de mendiants et de simples badauds. De gauche à droite se trouvent des tables sur lesquelles sont disposés des chaussures, des vêtements, des sacs, des montres, des bijoux… ; certains  commerçants exposent leurs marchandises à même le sol. Les clients ainsi obligés de se courber pour trier dans ces tas de vêtements, rendent difficile à certains endroits la circulation.

Dans tout ce brouhaha, quelques marchands invitent sans cesse de potentiels acheteurs à visiter  leurs marchandises .Momodou est un vendeur de Jeans. Il tient par la main une étudiante qu’il conduit à sa place. En route un autre vendeur le châtie « boy bayil sama cliente bi » il répond par un sourire. Sur place, la jeune fille après avoir découvert la marchandise que lui propose Momodou finit par tourner le dos « je ne trouve pas ce qu’il me faut » lance-t-elle en s’en allant. Le jeune homme loin de se décourager, sort à la recherche d’autres clients. Trouvant à peine le temps pour un entretien, il confie, « c’est comme ça, parfois je peux amener trois personnes et c’est la troisième qui  m’achète des choses», termine-t-il avant de disparaitre dans la foule.

GOREE, UNE ÎLE TRISTE (REPORTAGE REALISE PENDANT LA FERMERTURE DE L'ÎLE)

Dans le cadre de la lutte contre la covid-19, le ministère de la pêche et des transports maritimes a pris la décision de suspendre la liaiso...